Bouddhisme et hindouisme : deux « points de vue » sur la condition humaine

Atelier-conférence au Kokki DojoCe 6 décembre, Sandra Smets, élève du Kokki Dojo, nous a présenté un atelier-conférence sur le thème : « Bouddhisme et hindouisme, regards croisés sur la condition humaine ».

Le Bouddha était un sage itinérant comme l’Inde en connut tant. Il délivra son enseignement de ville en village, avec l’impact que l’on sait aujourd’hui. Pourquoi un tel rayonnement ? La réponse réside peut-être à la fois dans la personnalité du Bouddha et dans la portée de son enseignement. Fin pédagogue, le Bouddha a réussi à mettre son enseignement à portée de ses auditeurs, comme Uke (celui qui subit l’exercice d’aïkido) se met au diapason de Tori (celui qui exécute l’exercice) et Tori, de Uke. Chaque parole, chaque parabole est adaptée à l’expérience du disciple, à son univers conceptuel et à son niveau de compréhension.

Deuxième clé de compréhension : l’universalité de l’enseignement du Bouddha. Le Bouddha ne cherche pas à dispenser d’abord une explication métaphysique du pourquoi et du comment de l’univers, mais adresse avant tout la question éminemment humaine de la souffrance, traduction appauvrie du sanskrit duḥkha. En réalité, duḥkha (préfixe dus-, fr. dys-) désigne plus globalement toute forme d’insatisfaction inhérente à l’existence. Il s’agit de la douleur ressentie face aux événements que l’on ne souhaite pas, de la frustration de ne pas avoir ce que l’on souhaite et de la peur de perdre ce que l’on a. Cette « souffrance » désigne donc tout sentiment de manque ou d’insatisfaction qui se manifeste à travers diverses émotions : la tristesse, la colère, la jalousie, l’envie, le regret,…

Toutefois, le Bouddha n’est pas le premier à s’interroger sur la douleur de la condition humaine et sur les moyens d’y échapper. C’était l’objet de cette conférence : resituer la réflexion du Bouddha dans son contexte indien et hindou, et comprendre comment les débats entre bouddhistes et hindous ont progressivement façonné les « points de vue » (darśana) des uns et des autres.

Le bouddhisme constitue une critique radicale du védisme, forme la plus ancienne de la religion hindoue :

  • critique de la liturgie sacrificielle, mue par le désir d’obtenir quelque avantage des dieux védiques en retour du don;
  • critique de la violence inhérente au sacrifice;
  • critique du système des castes qui régit les rapports entre les hommes selon leur naissance.

Cette réflexion fut l’occasion d’un voyage dans le temps et dans les idées, de la liturgie sacrificielle du Veda à l’intériorisation du sacrifice dans les Upaniṣads et à la voie de guérison proposée par le Bouddha, avec l’ouverture d’esprit chère à notre Dojo.

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