Samuel Delvenne, Espoir Sportif 2019 de la commune de Floreffe

Samuel Delvenne, notre Samuel, a reçu ce 21 février le trophée de l’Espoir Sportif 2019 lors de la remise des Mérites Sportifs de la commune de Floreffe. Félicitations à lui ! C’est avec beaucoup d’émotion et de fierté que nous avons assisté à ce moment exceptionnel. Ce prix couronne les efforts d’un élève hors du commun et nous donne, à nous, l’espoir d’une pratique sportive plus inclusive

Trisomie 21, quelle différence pour Samuel ?

Samuel pratique l’Aïkido au sein du Kokki Dojo depuis septembre 2015. Aujourd’hui âgé de 16 ans, il a successivement obtenu les grades de 6ème Kyu (24/09/15), 5ème Kyu (03/12/16), 4ème Kyu (10/11/18) et 3ème Kyu (22/06/19), lors d’examens publics où il a démontré sa maîtrise technique et son évolution personnelle.

Je pourrais vous exposer en détail ce qui fait, aux yeux de la plupart des gens, sa différence, le fameux chromosome surnuméraire sur la 21ème paire de chromosomes. La trisomie 21 s’accompagne d’un retard mental, d’un faible tonus musculaire et d’autres troubles physiques qui semblent a priori difficilement compatibles avec une pratique sportive. Et pourtant…

Plutôt que de vous parler de ce chromosome “en trop” et de ses symptômes, je préfère vous présenter toutes ces qualités que Samuel a en abondance et déploie avec générosité depuis plus de 4 ans dans sa pratique de l’Aïkido.

À bien des égards, Samuel, par son attitude, ses actes et sa personnalité, incarne tous les principes de l’Aïkido, tels que les a enseignés son fondateur, ô Sensei Morihei Ueshiba, et tels qu’ils se transmettent au Dojo.

Samuel avec ses partenaires d'Aïkido à Floreffe

Samuel est entouré de ses partenaires de toujours, Sensei Emmanuel Van Rintel et Sandra Smets.

La non-violence

L’Aïkido est un art martial décrit d’abord comme un “art de paix”. Quand deux aïkidokas se font face, nous ne parlons pas d’“adversaires”, mais de “partenaires”. Comme ô Sensei aimait à le dire lui-même, son art n’est fait “ni pour combattre, ni pour vaincre [mais pour] supprimer la notion d’ennemi”.

Grandir dans la pratique ne se conçoit que dans le partage avec l’autre, sans démonstration de force ni de violence. Dans notre société où, trop souvent, considération rime avec domination, nombre de sportifs peinent à se libérer du réflexe de s’affirmer par la force, voire la brutalité.

Chez Samuel, vous ne trouverez nulle trace de cette noirceur d’âme : tant avec les enfants qu’avec les adultes, il pratique dans un esprit de paix, sans faire violence ni à soi-même ni à son partenaire.

La douceur, la gentillesse, qualités parfois décriées et moquées par les plus cyniques, sont un bien précieux. Nous ne pouvons que les apprécier et les louer quand elles se manifestent de façon si évidente chez une personne qui nous est chère. Tout naturellement, grâce à son enthousiasme permanent et à sa générosité de coeur, Samuel s’est parfaitement intégré dans le club.

L’humilité et le respect

Dans toute la tradition des arts martiaux, ces valeurs sont essentielles. L’humilité peut être considérée comme un corollaire de la non-violence : il s’agit de laisser de côté son ego, souvent envahissant, pour se mettre dans une disposition d’écoute et d’accueil. Cette disposition n’est possible que si l’on s’évertue à cultiver le respect.

Être capable de reconnaître ses limites, sans se rabaisser, accepter les conseils et les critiques constructives du professeur, s’adapter à son partenaire, l’aider à évoluer, ajuster sa pratique aux leçons qu’il nous donne, telles sont les applications concrètes du respect prônées par notre Dojo.

Sans artifice, ni faux-fuyant, Samuel offre en toutes circonstances cet état d’esprit bienveillant, à la fois modeste et curieux, qui lui permet de progresser constamment et de faire progresser les autres.

La persévérance

Samuel a d’abord suivi le cours enfants, avant de rejoindre le cours adulte. Il fait déjà partie des “anciens” du club, ceux qui ont réussi à surmonter les difficultés et les obstacles sans se décourager ni s’irriter.

La persévérance, qualité rare chez les plus jeunes, est indispensable en Aïkido. Cette discipline, très technique et exigeante, en a frustré plus d’un, mais pas Samuel ! Avec assiduité, courage et bonne humeur, il illumine de son sourire notre Dojo, année après année.

Cette pratique régulière lui permet de cultiver l’attitude juste entre vigilance mentale et détente, de développer la souplesse, la coordination et l’agilité, et de cheminer vers plus d’harmonie entre le corps et le mental, l’essence même de l’Aïkido.

Son 3ème Kyu est plus que mérité : comme à chaque passage de grade, il a présenté un examen de très haut niveau. Les techniques enseignées requièrent concentration et précision. Étant donné que la motricité fine et une attention soutenue demeurent des difficultés majeures chez Samuel, comme chez la plupart des personnes trisomiques, le choix d’un art martial comme l’Aïkido était une véritable gageure. Toutefois, sa progression est tout à fait remarquable et ne cesse de nous émerveiller.

Espoir de l'année 2019, Mérites sportifs de Floreffe

Samuel a profité de ce prix pour inviter tous ceux qui le souhaitaient à venir pratiquer l’Aïkido avec lui et avec son papa, au Kokki Dojo de Floreffe.

Un trophée amplement mérité

Voici, à nos yeux, quelques-unes des qualités qui rendent Samuel différent, unique et digne de recevoir aujourd’hui cette récompense sportive de la commune de Floreffe. Pour tous, Samuel est un exemple à suivre, un partenaire au sens fort du terme, un ami.

Encore une fois, félicitations à lui ! Merci aussi au jury qui a reconnu ses nombreux mérites par ce signe de reconnaissance, merci à ses proches qui ont eu la confiance de l’inscrire dans notre club d’Aïkido et l’accompagnent ainsi vers plus d’autonomie jour après jour, merci à tous les élèves qui l’ont si bien accueilli et pratiquent avec lui dans la joie et le partage.

Enfin, espérons que cet événement incitera d’autres personnes, aussi belles que Samuel, à rejoindre notre cours, quelle que soit leur différence !

Samuel Delvenne mérite sportif de floreffe

Les règles essentielles du Kokki Dojo

Vous souhaitez vous (ré)inscrire au cours d’Aïkido du Kokki Dojo ? Nous vous en remercions et vous souhaitons bienvenue dans notre école qui se veut un lieu de pratique chaleureux et bienveillant. Nous vous invitons à découvrir quelques informations pratiques et règles essentielles, afin de garantir le respect de tous et de chacun dans notre Dojo.

Règlement d’ordre intérieur du Kokki Dojo

🥋 Hygiène : l’hygiène de la tenue et du corps participent de l’éthique des arts martiaux qui considèrent la discipline corporelle comme un reflet de la discipline mentale, et inversement. En outre, par respect pour les autres pratiquants et pour éviter toute blessure, les ongles doivent être coupés courts, les cheveux longs, attachés, les bijoux et autres accessoires coupants, enlevés.
🥋 Respect : après l’accueil, les pratiquants attendront dans le calme le début du cours, en position seiza (sur les genoux) sur les tatamis.
🥋 Ponctualité : chacun veillera à être ponctuel, en arrivant quelques minutes avant le cours pour se changer et se tenir prêt, en position seiza, à l’arrivée du sensei (maître-enseignant). En cas de retard, le pratiquant attendra l’autorisation du sensei ou de son assistant pour monter sur les tatamis, par respect et mesure de sécurité.
🥋 Attitude positive : le pratiquant s’engage à laisser ses soucis au vestiaire et à entamer le cours dans un esprit positif, comme l’y engage la discipline des arts martiaux.
🥋 Humilité et non violence : uke (celui qui simule l’attaque) et tori (celui qui effectue la technique) progressent ensemble, sans bloquer le partenaire dans son apprentissage. Les démonstrations d’orgueil et de force n’ont pas leur place sur les tatamis.
🥋 Assiduité : le passage de grade reflète l’évolution du pratiquant. La régularité et l’assiduité sont indispensables pour progresser dans la maîtrise des techniques et principes de l’Aïkido. Tout art martial nécessite de la persévérance et, même si l’examen valide le passage de grade, le sensei évalue la progression tout au long de l’année.
🥋 Rangement : les pratiquants s’assurent que les tatamis soient correctement rangés à la fin de chaque cours.

Merci de contribuer au bel esprit de notre école en respectant ces quelques principes hérités de la discipline des arts martiaux, afin que le Kokki Dojo conserve l’ambiance conviviale et chaleureuse qui le caractérise. Bonne aïki-rentrée à tou(te)s !

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Donovan Waite (Shihan 7ème Dan) : Aïkido et Aïkijo

Ce 21 novembre 2018, le Kokki Dojo a accueilli Donovan Waite (Shihan 7ème Dan). Ce grand maître de l’organisation Aikikaï, Senior Student du Sansuikai (organisation de Yamada Shihan) et membre du Technical Committee de l’USAF (United States Aikido Federation), était venu spécialement des États-Unis pour animer une série de stages internationaux très attendus. Merci à Olivier Lefebvre, l’un de ses plus proches disciples, qui a organisé pour nous cette escale exceptionnelle à Floreffe.

Donovan Waite : parcours d’un enfant déterminé

La Belgique est une étape que Donovan Waite affectionne tout particulièrement et nos aïkidokas le lui rendent bien. Reçu dans le majestueux décor de l’Abbaye de Floreffe, il retrace avec simplicité et humour quelques épisodes marquants de son parcours de plus de 50 ans dans la pratique des arts martiaux.

Il débute en Judo, à l’âge de 7 ans, à Birmingham (Angleterre). Mais un jour, alors que sa maman tarde à venir le reprendre à la fin de la leçon, il assiste par accident au cours d’Aïkido qui suit immédiatement le Judo. Dès cet instant, il nourrit une véritable fascination pour la “Voie de l’harmonie” : cet art s’impose à lui, comme une évidence. Toutefois, il devra attendre une année entière avant d’être enfin admis parmi les aïkidokas, car le Sensei est plus que réticent à l’idée d’accueillir un enfant dans son cours. Qu’à cela ne tienne, la persévérance et la détermination de Donovan viennent à bout de toutes les objections. Pressé de rejoindre les gradés en hakama assis à l’extrémité des tatamis, il obtient le Shodan à l’âge de 14 ans sous la direction de Chiba Sensei.

Aikido avec Donovan Waite

Sur les traces de Yamada Sensei

En 1984, il quitte l’Angleterre pour les États-Unis, afin de devenir disciple de Yamada Sensei : une rupture difficile mais nécessaire pour le jeune homme âgé alors de 24 ans seulement, sur le point de démarrer un nouveau chapitre de sa vie à New York.

À travers ces rencontres et formations auprès de maîtres renommés, Donovan Waite renouvelle sans cesse sa pratique, convaincu de l’importance de confronter la théorie à l’expérience pour développer son propre Aïkido. C’est ainsi qu’il se fait connaître notamment pour son enseignement sur le maniement des armes traditionnelles japonaises.

Les 20 Suburi de l’Aikijo (ou Aikido Jo, l’art du bâton)

Donovan Waite a consacré ce stage au maniement du jō “bâton”, et, en particulier, des Suburi à la base de l’Aikijo, dont il a lui-même appris les principes auprès de Saito Sensei.

Le Suburi (litt. « sabre nu, dépouillé ») est pratiqué seul, dans le vide, pour favoriser l’apprentissage technique du mouvement de frappe ou de coupe, dans un mariage parfait de puissance et de souplesse. Parfois considéré comme un pur exercice d’entraînement, il relève bien plus de l’esprit de l’Aïkido, par le travail sur la fluidité du mouvement, l’harmonie entre la saisie et le vide, entre la précision technique et la spontanéité du geste, entre le relâchement du corps et la vigilance de l’esprit.

aikijo avec Donovan Waite

Morihei Ueshiba Osensei a enseigné l’Aikijo à Morihiro Saito Sensei qui, lui-même, a développé les 20 Suburi au JoDonovan Waite, à son tour, a reçu l’enseignement de Saito Sensei et l’a adapté à son ressenti, à sa pratique. Il a donné un formidable aperçu de cet héritage exceptionnel aux élèves du Kokki Dojo et d’autres clubs de Belgique présents au rendez-vous. Il a démontré par l’exemple que ces exercices issus des Bukiwaza (techniques avec armes) constituent l’ADN des mouvements des divers Kumi Jo (techniques Jo contre Jo) et des Kata au Jo (dont le fameux Jo Kata des 31 mouvements). Mais ils sont aussi et avant tout le prolongement du travail à mains nues (Taijutsu, techniques corporelles ou sans armes). Le Jo suit le mouvement du corps, le bras est le prolongement du Jo. Puissance et souplesse…

suburi jo aikijo

Le Kokki Dojo n’est pas prêt d’oublier cette belle rencontre avec un maître aussi talentueux que modeste. Donovan Waite Sensei envisage déjà avec enthousiasme sa prochaine visite outre-atlantique. Pour l’histoire de notre Dojo, “It is just the beginning” 😉

Aikijo au kokki dojo de Floreffe avec Donovan Waite

Cet article est disponible en anglais sur notre page Facebook ⬇️ : Kokki Dojo thanks Donovan Waite for his great Seminar organized in Floreffe in November. Thanks also to Olivier Lefebvre who enabled this incredible encounter.

Anita Bonnivert et Arnaud Lejeune : deux monstres sacrés de l’Aïkido au Kokki Dojo

Ce samedi 28 avril, le Centre Sportif de Floreffe a accueilli deux grands maîtres d’Aïkido pour un stage exceptionnel organisé par Emmanuel Van Rintel (4ème Dan), fondateur et professeur (Senseï) du Kokki Dojo.

L’Aïkido, un art martial sans âge

Exceptionnel, ce stage l’était à plus d’un titre. D’abord, par le choc des générations… Anita Bonnivert, 7ème Dan d’Aïkido, est âgée de 85 ans et pratique cette discipline depuis 55 ans. Arnaud Lejeune, 31 ans, 3ème Dan d’Aïkido, dirige la branche belge de l’association Kishinkaï depuis 2013, démontrant que l’expertise et l’engagement pédagogique n’attendent pas le nombre des années. Le stage était ouvert à tous, enfants et adultes, âgés de de 6 à 85 ans : les plus jeunes ont donc pratiqué aux côtés de leurs aînés, dans un esprit de partage et de découverte communicatif !Aïkido Koichi Tohei et Kishinkaï à Floreffe

L’Aïkido Kishinkaï et le style Koichi Tohei : incompatibles ?

Un autre trait original de cette journée réside dans la rencontre de deux styles différents. Anita Bonnivert a suivi l’enseignement de Koichi Tohei, axé sur quatre principes essentiels :

  • le relâchement,
  • la respiration,
  • le mouvement,
  • l’extension de l’énergie (qi).

Aïkido Koichi Tohei avec Anita BonnivertAvec un enthousiasme inaltérable, elle partage sa conception de l’ « Aïkido-Amour » : pour être en harmonie avec soi, il faut être en harmonie avec tout ce qui nous entoure. « Tout le travail est là et il est sans fin, comme l’Aïkido » !

Arnaud Lejeune s’investit complètement dans l’Aïkido Kishinkaï depuis une rencontre déterminante avec Léo Tamaki en 2010. Deux ans plus tard, il ouvre son propre cours dans la région de Liège où il transmet l’esprit Kishinkaï, « l’association, le groupe où l’on approfondit dans la joie ». Il insiste sur la nécessité d’ « être présent », au sens fort du terme, que ce soit dans l’attaque ou la technique défensive. L’Aïkido se définit d’ailleurs comme la « Voie de l’harmonie » car le travail entre partenaires, dans l’intention martiale et la présence à l’instant, est comme un mouvement perpétuel de don et contre-don, où l’un et l’autre progressent de concert.

Aïkido Kishinkaï avec Arnaud Lejeune

Loin des conflits d’École, Anita Bonnivert et Arnaud Lejeune font la démonstration que des styles différents peuvent se compléter et se marier dans une pratique ouverte, évolutive et généreuse. Peu importe le style, pourvu que l’on garde l’esprit… et quelle plus belle façon d’illustrer l’esprit que dans la recherche d’harmonie entre deux styles, avec une même envie de partager les trésors de l’Aïkido ?

C’est pour la qualité de tels instants que le Kokki Dojo reçoit régulièrement des maîtres issus d’Écoles différentes.  Vous aussi, soyez curieux, éveillez votre pratique et rendez-nous visite ! Nous proposons des cours pour adultes les mardis de 18h30 à 20h30 et les samedis de 10h à 12h, ainsi que des cours enfants les samedis de 9h à 10h.

L’Aïkido Kishinkaï avec Arnaud Lejeune

Ce 17 mars 2018, nous avons eu le plaisir d’accueillir Arnaud Lejeune pour un cours d’aïkido « Kishinkaï ». Bien que certains principes de cette école soient communs avec notre pratique – relâchement, harmonie, souplesse, vigilance,… – la forme qu’ils revêtent est toute autre. C’est à travers de telles rencontres que la richesse de l’Aïkido se révèle de manière immédiate : quelques principes a priori simples donnent lieu à une infinité de pratiques, dont aucune n’exclut les autres.

Qui est Arnaud Lejeune ?

Arnaud Lejeune a attrapé le virus des arts martiaux à l’âge de six ans. Il s’est initié au Ninjutsu, au Karaté Shotokaï, au Kendo et au Iaïdo, mais c’est finalement dans les valeurs de l’Aïkido qu’il se plonge corps et âme.

Au contact de Léo Tamaki, il se forme à la pratique de l’Aïkido Kishinkaï (« groupe où l’on approfondit dans la joie ») dont il dirige aujourd’hui la branche belge. En fin pédagogue, il partage son expérience avec enthousiasme et humilité : selon ses propres mots, « la valeur de mon enseignement n’attend pas uniquement le nombre des années pour être valable parce que je ne fais pas de la transmission de l’Aïkido une pratique seulement virtuose, irréprochable, mais le moyen d’affronter mes limites, d’avoir l’opportunité de travailler à partir de ce qui me rend vulnérable ».Aïkido Kishinkaï et Irimi

Un corps unifié

Dès l’échauffement, Arnaud propose un travail sur l’unité du corps: à travers les étirements et ukemi, il nous invite à percevoir les sensations fines qui relient le sommet du crâne à la base du dos. Cette prise de conscience permet une mobilisation souple du haut et du bas du corps, sans effort musculaire. La tête, le tronc, les jambes, comme reliés par un fil invisible, se meuvent dans un élan spontané et solidaire. Le diaphragme est entièrement relâché pour faciliter la détente abdominale et la décontraction musculaire.

Un ancrage « léger »

Aïkido Kishinkaï, intention et vigilanceL’ancrage, souvent conçu comme un enracinement dans le sol, se fait léger dans le courant Kishinkaï. Vifs sur leurs appuis, tori et uke doivent pouvoir s’adapter et réagir rapidement aux actions et à l’intention de leur partenaire. Que l’on soit en seiza (sur les genoux) ou debout, une posture trop « assise » sur l’arrière du corps ou sur les talons risque de produire une attitude attentiste voire passive, inapte à s’ajuster à la réalité de l’instant et du mouvement. L’intention et la vigilance se traduisent donc aussi par une posture juste, souple mais martiale, relâchée mais alerte.

Fluidité du mouvement et intention

Yeux ouverts ou même fermés, pour exercer notre conscience aux mouvements extérieurs et intérieurs, la technique doit être exécutée sans à-coups : la fluidité de l’attention et du geste permettent à nouveau de développer notre capacité à réagir en toute circonstance, sans dévoiler notre intention au partenaire.Kishinkaï Aïkido et fluidité du mouvement

Chute et « effondrement » du corps

La chute (ukemi) ne doit jamais être recherchée pour elle-même. Aussi belle et spectaculaire soit-elle, elle n’est qu’un moyen pour uke de « recevoir avec le corps » la technique de l’autre et d’harmoniser son action, dans un état de vigilance constante. Plutôt d’ailleurs que de chercher à faire chuter son partenaire, la pratique du Kishinkaï met en valeur la compréhension de la structure du corps, qui tel une architecture complexe mais fragile, peut s’effondrer sur ses bases, pour peu que l’on trouve les failles.

Présence à soi et à l’autre

Les exercices centrés sur des entrées irimi (« rentrer avec le corps ») avec atemi incitent à porter son intention « droit devant », en maintenant le contact visuel. Être présent à soi et à l’autre, sans s’arroger sa responsabilité et son autonomie, telles sont les bases d’un travail subtil auquel nous sommes conviés : le début d’une nouvelle aventure au Kokki Dojo…

Kishinkaï au Kokki Dojo : cours spécial avec Arnaud Lejeune

Festival des Arts Martiaux de Floreffe 2017 : une belle découverte pour tous

Ce 9 septembre 2017, le Centre Sportif de Floreffe, en collaboration avec les différents clubs, a organisé la 1ère édition du Festival des Arts Martiaux de Floreffe.

L’objectif était d’illustrer, par des démonstrations et des ateliers d’initiation, les disciplines pratiquées au pied de la célèbre Abbaye, dans un esprit d’ouverture et de découverte.

Les clubs de Ju Jutsu, de Taekwondo, de Yoga, de Tai-Chi, de Judo, de Boxe, de Kick Power Fit… et bien sûr, votre école d’Aïkido, le Kokki Dojo, avaient tous répondu « Présent ! » à cette invitation.

tai chi à Floreffe

De grands noms et talents étaient au rendez-vous :

  • Judo : Romuald Herman (6ème Dan, expert katas), Pierre Stockmans (5ème Dan, champion de Belgique katas), Geofroy van Hecke (3ème Dan, champion de katas Belgique & Europe 2016)
  • Taekwondo : Fédération BITA (Belgian ITF Taekwondo Association) et une partie de l’équipe nationale
  • Tai Chi : Jean-Jacques Hanssen (5ème Duan)
  • Boxe : Christophe Dufaux (champion de Belgique Poids Lourds), Sébastien Flémalle, Dylan Marchal, Bogdan Galev
  • Kick Power Fit : Priscilla Nymec (directrice sportive StayFit)

taekwondo à Floreffe

Et pour l’Aïkido, quelques noms que l’on connaît bien au Kokki Dojo :

  • Anita Bonnivert (7ème Dan, 83 ans, 52 ans de pratique et toujours aussi espiègle…) a démontré, avec les nombreux enfants et adultes présents sur les tatamis, que l’Aïkido ne pouvait se pratiquer que dans la joie;

aïkido à Floreffe avec Anita Bonnivert

  • Michel Semal (5ème Dan) a fait découvrir le maniement des armes traditionnelles conçu comme un prolongement des techniques à mains nues (sabre en bois, bâton, couteau, nunchaku,…) et l’art du kumijo (techniques au bâton pratiquées avec un partenaire) ;

kumijo, jo à jo à Floreffe

  • Fabienne De Rede (Ceinture Noire) a réussi à transmettre toute la profondeur des enchaînements au Jō (bâton) sous-tendus par la symbolique des 5 éléments.

bâton en aïkido

Comme les arts martiaux nourrissent à la fois le corps et l’esprit, la dimension culturelle était également bien représentée : des ateliers, animés par l’ASBL Passerelle Japon, proposaient des initiations au shōgi, équivalent japonais des échecs, à la calligraphie, travail de concentration et d’harmonisation du plein et du vide, et au furoshiki, technique traditionnelle d’emballage avec du tissu.

calligraphie, shogi et furoshiki

La plus belle réussite de cette journée est d’avoir réuni toute cette richesse des arts martiaux en un seul et même endroit pour faire partager à tous, amateurs, professionnels, amis et famille, notre passion pour ces voies uniques et complémentaires. Rendez-vous l’année prochaine, peut-être, au Festival des Arts Martiaux de Floreffe 2018 ?

aïkido pour enfants et adultes à Floreffe

Festival des Arts Martiaux de Floreffe : 1ère édition !

Que vous évoquent les arts martiaux ? Les scènes de combat épiques et chorégraphiées de Bruce Lee, la puissance à l’état brut de Steven Seagal, le regard et l’assurance de Chuck Norris ou encore l’enseignement énigmatique de Monsieur Miyagi ?

Venez vous faire une idée plus juste des arts martiaux lors du tout premier Festival des Arts Martiaux organisé ce 9 septembre 2017 au Centre Sportif de Floreffe (Rue Joseph Hanse 6, 5150 Floreffe, près de Namur et accessible en train). Non seulement vous y découvrirez, en démonstration, les différents cours d’arts martiaux qui y sont proposés tout au long de l’année (aïkido, judo, ju-jutsu, taï-chi-chuan,…), mais nous vous y offrons même une occasion unique de nous rejoindre sur les tatamis dans divers ateliers organisés pour tous, de 7 à 107 ans ! Quoi de mieux pour comprendre ce que sont les arts martiaux et les différences entre traditions martiales de Chine, de Corée ou du Japon ?

Enfin, vous pourrez aussi y tester des ateliers en rapport avec la culture des arts martiaux, comme la calligraphie,… ou des animations plus ludiques comme les combats en déguisement de sumo : fou rire garanti pour toute la famille 😉

Alors, tenté(e) par cette journée découverte ? Notez vite la date dans votre agenda, parlez-en autour de vous et rendez-vous au #FAMF2017 ! Le Kokki Dojo, notre club d’Aïkido, a hâte de vous y rencontrer…

 

 

 

La Voie du sensei

Des couleurs et des grades

Cette semaine, le ciel de Floreffe s’est paré de 1000 feux… En harmonie avec ce décor, le Kokki Dojo a laissé s’épanouir de nouvelles teintes :

  •  d’abord le vert du 3ème Kyu pour Romain Albert, Olivier Goffin, Sylvain Hislaire et moi-même ;
  • l’orange du 4ème Kyu pour Luna Gomez Mijango ;
  • le jaune du 5ème Kyu pour nos aïkidoka-s juniors, Inès (barrette jaune), Pauline, Rachel et Lucie ;
  • … mais aussi le noir du Shodan pour Thierry Ralet et Tony Jacob.
Couleurs d'automne au Dojo d'Aïkido de Namur (Floreffe)

Des couleurs et des grades au Kokki Dojo de Floreffe

Bravo à tous pour le travail accompli dans une voie à jamais inaccomplie… Car comme l’indique le terme même shodan (« début »), la ceinture noire n’est pas l’aboutissement de la voie de l’harmonie mais son commencement.

L’abécédaire de l’Aïkido

Pour reprendre une image chère à notre sensei Emmanuel Van Rintel, les premiers kyu constituent l’apprentissage de l’alphabet ; avec le shodan vient l’initiation à l’art de composer des phrases. Elles seront patiemment polies et débarrassées de leurs scories tout au long de notre pratique, avec pour horizon l’inaccessible perfection.

La « vocation » de sensei

Passée l’excitation de la découverte de l’abécédaire, l’enfant se détourne parfois de l’univers fascinant des livres, trop ardu et fastidieux au regard des expédients de notre société. Heureusement, il se trouve quelques enseignants inspirés et inspirants pour entretenir la flamme de la curiosité et aider les élèves à surmonter leurs appréhensions et leurs doutes pour renouer avec leur imaginaire et la richesse de leur monde intérieur. On dit de ces enseignants qu’ils ont « la vocation » pour évoquer leur dévouement incommensurable et leur incroyable capacité à transmettre ce qu’ils savent et qui ils sont.

De la même manière, il existe des sensei qui ont « la vocation ». Loin de garder jalousement les acquis de leur expérience, ils n’envisagent leur pratique que dans le partage. Ils transmettent leur savoir et leur savoir-faire à leurs disciples (deshi) et veillent à ce que chacun puisse surmonter ses faiblesses et s’appuyer sur ses forces pour progresser dans la Voie (dō) .

Comme le souligne Anita Bonnivert, la Voie est vaste, si vaste qu’il est vain de vouloir l’embrasser d’un regard, d’une expérience, d’une vie. Emplis d’humilité, les vrais sensei accueillent cette infinité des possibles dans la pratique de chaque deshi, sans perdre de vue l’essence de l’Aïkido, l’harmonie intérieure et extérieure.

Le véritable sensei

Ces sensei mus par quelque « vocation » sont, en réalité, des sensei (litt. « né en premier ») au sens fort du terme, à savoir des pratiquants qui, parce qu’ils étaient « là avant moi », savent les pièges et les embûches de la Voie et sont capables de guider sans entraver.

Yondan pour notre sensei Emmanuel Van RintelEmmanuel Van Rintel, notre sensei, a brillamment obtenu son grade de 4ème Dan (Yondan) d’Aïkido cette même semaine des mains d’Anita Bonnivert (7ème Dan) et de Christian Boisdenghien (5ème Dan). Plus encore que l’Aïkidoka, ce titre récompense le sensei, selon l’avis même d’Anita. Car transmettre son enseignement avec la générosité d’un véritable sensei et apprendre en retour de ses disciples sans jugement ni défiance sont l’expression même du principe d’harmonie qui définit l’Aïkido.

« Un tout grand merci pour tous vos messages à l’occasion de l’obtention au grade de Yondan. Cette réussite est le résultat du travail effectué à vos côtés. J’ai besoin de vous pour apprendre et évoluer. Le professeur ne sait pas progresser sans ses élèves ! C’est aussi le fruit des échanges entre les différents clubs. Merci pour votre confiance dans mon enseignement ». (Emmanuel Van Rintel, 4ème Dan).

Merci donc à tous les sensei véritables, rencontrés à Floreffe ou ailleurs. Vous nous montrez par l’exemple comment chaque disciple, quel que soit son âge ou son niveau, doit se comporter à l’égard de ceux qui « viennent après ».

Pour citer Rachel (9 ans), « Grandir, c’est évoluer, apprendre toute sa vie. C’est s’ouvrir aux autres et les accepter comme ils sont ». Une parole pleine de sagesse, en accord avec la Voie du sensei…

Stage d'Aïkido avec Anita Bonnivert et Christian Boisdenghien

Merci aux véritables sensei qui ont fait de ce stage du 27/11/2016 un moment de partage

 

« Petit Scarabée » au stage de Yamada Sensei à Bruxelles

Stage de Yamada SenseiUne fois n’est pas coutume, je vous livre aujourd’hui un témoignage tout à fait personnel et subjectif. Ce samedi 19 mars, je me suis aventurée au stage de Yamada Sensei, 8ème Dan Aïkikai, et de Claude Berthiaume, 7ème Dan, sur l’invitation bien inspirée d’Olivier Lefebvre qui souhaitait me transmettre le « virus des stages », comme il l’appelle. Je vous laisse deviner s’il a atteint son objectif…

Récit d’un compte rendu raté…

En me rendant au stage de Yamade Sensei, je pensais rapporter dans mes bagages de nouvelles techniques dont je pourrais rédiger un compte rendu sur ce blog.
Compte rendu du stage
En réalité, il serait présomptueux de ma part de prétendre rédiger un résumé circonstancié et objectif de l’enseignement reçu hier. Pour être tout à fait franche, du haut de mon 4ème Kyū, j’ai oublié la moitié des noms des techniques, mélangé dans mon esprit débutant les appuis, placements et gestes, et confondu plus qu’à l’accoutumée ma gauche, ma droite, le haut et le bas.
Pourtant la leçon fut particulièrement riche…

Les plaisirs de la baignade

Dans un dojo comble, comptant plus de hakama au m2 que de grains de poussière, je me suis frayé un chemin vers un espace discret. Comme on entre dans l’eau d’une piscine, j’y allai d’un pas frileux, mais une fois plongée dans le bain des années de pratique et d’expérience cumulées, j’en oubliai le temps et n’eus plus qu’une envie, prolonger la baignade.

Stage Yamada Sensei à Bruxelles

Le « Rōnin » Olivier Lefebvre et le « Petit Scarabée » Sandra Smets au stage de Yamada Sensei à Bruxelles

S’il fallait toutefois vous résumer ce que j’ai appris durant ce stage, je vous dévoile les prises de conscience qui m’ont paru essentielles à titre personnel.

L’harmonie en terre inconnue

Un stage de cette envergure vous extrait de votre « petit » dojo, univers familier et rassurant, pour vous confronter à une part plus ou moins importante d’inconnu, selon votre degré d’expérience. Nous voici tous, aïkidokas amateurs ou confirmés, face à de nouvelles techniques ou manières d’appréhender les techniques, mais aussi face à de nouveaux uke/tori.

Le stage, terre inconnue

Une double dose d’inconnu qui nous pousse à entrevoir des facettes inexplorées de notre Aïkido ainsi que l’infinie richesse du travail sur l’harmonie. La recherche de l’harmonie dans son dojo avec ses partenaires devenus amis relève déjà de la gageure. Alors imaginez à quel point l’exercice peut devenir dépaysant voire déstabilisant en terre inconnue…

C’est pourtant à ce prix que l’on découvre la véritable portée de l’Aïkido qui, bien plus qu’un sport ou un simple loisir, nous engage dans toute notre dimension humaine à aller vers l’Autre et à ajuster notre présence et notre action avec pour seul horizon l’harmonie du Soi avec l’Autre.

L’expérience des limites

À l’infinie richesse de l’Autre correspond une infinie possibilité de pratiquer. Quel que soit son niveau de pratique ou d’expérience, l’aïkidoka peut se laisser surprendre par l’originalité d’une attaque, d’une technique ou même d’un partenaire. Cette expérience de l’insolite au sens premier du terme (in-solitus, inhabituel) nous ouvre les yeux sur l’extraordinaire variété de l’Aïkido qui pour toute porte fermée propose une issue dérobée.

Les limites de sa pratique de l'Aïkido

Votre partenaire est trop grand, trop petit, trop fort, trop maladroit… ? Et si ce « trop » était un plus qui vous poussait dans les derniers retranchements de votre pratique, à la limite de ce que vous croyiez être LA bonne technique ?

Se confronter à cette limite (et ses limites) ne serait-elle pas la voie royale vers le lâcher-prise ? À vous d’en juger…

Ainsi se clôture mon petit compte rendu sur cette journée de stage à Bruxelles. Il n’est certes ni technique ni exhaustif, mais il traduit assez bien mon expérience encore naissante des grands stages internationaux et je me réjouis à l’avance du prochain. Peut-être nous y rencontrerons-nous 😉 ?

Cours spécial ukemi avec Olivier Lefebvre

Ce samedi 5 mars, le Kokki Dojo a accueilli Olivier Lefebvre pour un cours spécial « ukemi ». Comme il l’a rappelé en préambule, l’ukemi, traduit généralement par « chute », désigne un concept beaucoup plus riche.
Mae ukemiEn réalité, il signifie l’art de « recevoir avec le corps » la technique appliquée par tori, en même temps que « l’art de se recevoir » de façon contrôlée, sans se faire mal. Olivier insiste sur la notion de contrôle inhérente à l’ukemi : uke choisit la manière dont il se reçoit. À tout instant, il doit rester « maître de soi » (kokki), même s’il « subit » la technique.

Car les principes de l’Aïkido, rappelés dernièrement par Anita Bonnivert de l’école Koichi Tohei, s’appliquent autant à uke qu’à tori :

  1. relâchement
  2. expir
  3. mouvement et ancrage
  4.  extension de l’énergie

Après un travail sur les « réceptions » vers l’avant (mae ukemi) et vers l’arrière (ushiro ukemi), le cours s’est terminé avec quelques exercices de Ki et de (re-)centrage, dont la pratique des « mains collées » inspirée du tai-chi-chuan. L’exercice consiste à bouger en gardant les mains en contact avec son partenaire et devant son centre (hara). Il implique une vigilance constante pour être à l’écoute du mouvement de l’autre et harmoniser son action à celle de son partenaire, tout en restant « maître de soi ». Quelle belle façon de conclure cette séance spéciale ukemi !